Vite, vite, vite

Publié le par Mam'en Vadrouille

Bonjour bonjour,

Désolée pour mon silence d'hier, mais je cours. Pressée par le temps, je trouve pleins de choses à faire. Une envie de rendre le terrier propre pour l'arrivée de Numéro 3, une urgence à ranger, nettoyer, classer, archiver...

Vite, vite, vite, les RV de médecins, les rappels de vaccins, et les séances d'osthéopathe.

Vite, vite, vite, ne pas oublier les cours de préparation à l'accouchement, les RV à la maternité. Ah ben si, tiens, il y en a un qui est passé à la trappe... Rappeler, patienter 10 min au téléphone, reprendre RV. Se rendre compte qu'on a déjà un truc de prévu ce jour là. Tant pis, on verra plus tard.

Vite, vite, vite, acheter une voiture, décider, découvrir qu'une voiture, c'est plein de trucs à penser et à choisir. Faire des devis comparatifs d'assurance. Mensualiser? Payer en une fois? Tous risques ou tiers? Valider, se déplacer, payer. Zut, le certificat d'immatriculation! Découvrir qu'il n'est plus nécessaire de se déplacer, ouf!

Vite, vite, vite, ranger les vêtements d'hiver, refaire des boites, classer par taille, par sexe. Par couleur? Non, quand même pas! On donne? Rhô, trop chou, je veux garder cette petite robe, ce petit pull tricoté par ma grand mère. Non, le Mari, ce ne sont pas les vêtements de poupée de Poupette, c'est pour Numéro 3. Et oui, rappelle toi, c'est du micro format!

Vite, vite, vite, sortir les affaires de bébé, refaire des machines (l'odeur d'anti mites, c'est no way!), plier, ranger, anticiper (le 3 mois, faut le garder sous le coude).

Vite, vite, vite, acheter un second lit de bébé, occasion ou neuf? Prendre un lit superposé dès maintenant en prévision du passage de P'tit Bouchon dans la chambre de Poupette? Et d'ailleurs, est ce une bonne idée de mettre Poupette et son frère dans la même chambre?

Vite, vite, vite, réfléchir à l'organisation de l'année prochaine. Faire les comptes. Se rendre compte que si nous n'avons pas de place en crèche pour P'tit Bouchon et Numéro 3, nous n'aurons pas les moyens de garder super Nounou. S'apercevoir que malheureusement, il faut envisager un congé parental. Et pleurer. De rage, de frustration, de déception. Pas envie d'être mère au foyer. Alors attendre la réponse de la crèche. Apprendre la patience...

Vite, vite, vite, trouver une baby sitter pour m'aider pendant les vacances qu'on passera chez mes parents. Trouver quelqu'un habitant sur place et dispo 4h par jour, ça ne devrait pas être si compliqué. Et pourtant...

Et  en même temps, prendre le temps. Respirer doucement et largement pour que Numéro 3 ait plus de place et arrête de me bastonner les côtes.

Regarder mes enfants grandir. P'tit Bouchon si impatient de marcher. Poupette accro aux activités manuelles et aux chansonnettes. Les entendre rire ensemble, les voir jouer. Trouver Poupette si patiente avec ce petit frère qui lui tire les cheveux, lui pique son doudou. Et me rendre compte qu'elle est impatiente de connaitre Numéro 3. Question posée hier soir au moment du coucher : "Maman, tu crois qu'il va être content le bébé, de sortir et de me connaitre?". Oh oui, ma chérie, il va être plus qu'heureux avec toi comme grande soeur, ne t'inquiète pas. Il t'aime déjà. Tenter de faire comprendre à P'tit Bouchon que donner des coups de pied quand je le change ou l'habille, c'est une fausse bonne idée. Lui expliquer que les doigts dans la prise, ce n'est pas une solution. Supporter ses cris quand je ne le fais pas marcher, quand il a faim, quand il ne veut pas dormir. Me demander où est passé mon bébé si calme, si patient et si doux. Et en même temps, me dire que ce petit garçon sait ce qu'il veut et se fait très bien comprendre, en être fière, et admirer cette volonté et cette envie de découvrir le monde, d'aller plus loin, plus vite (plus haut?).

Prendre le temps de déguster un bubble tea home made, de choisir le parfum, de faire cuire le tapioca.

Regarder les roses fleurir, se demander si je ne vais pas en couper pour les faire sêcher tellement elles sont belles.

S'impatienter devant les abricots qui ne murissent pas, devant la ciboulette qui ne pousse pas, devant les fleurs qui sont bouffées par les limaces et les escargots. Rêver à un jardin anglais, avec des hortensias, des couleurs douces, des massifs faussement libres, un gazon sans mauvaise herbe. Ce sera pour l'année prochaine!

Vivre ces moments d'attente d'une naissance dans un état second (tertiaire?), entre impatience et envie d'arrêter le temps. Avoir hâte de rencontrer Numéro 3. Fille ou garçon? Ressemblera-t-il à son papa? A moi? A Poupette? A P'tit Bouchon? Mais ne pas vouloir accoucher maintenant : patience, bébé, tu as besoin de ce mois et quelques pour grossir, te faire beau / belle et te préparer à la vie "dehors". Profite de ce cocon et du calme (relatif...) qui règne dans mon bidon. Tu verras, une fois sorti (e), tu risques d'avoir très envie de rentrer te réchauffer. Ben c'est pas possible. Voilà.

Se demander comment P'tit Bouchon, petit dernier pendant à peine 1 an, va trouver sa place d'enfant du milieu. Va-t-il s'y faire? Allons nous lui consacrer tout le temps nécessaire? Comment réagira-t-il en voyant qu'un petit machin prendra sa place? Va-t-il comprendre ce qui se passe? Mon Bouchon d'Amour, tu resteras toujours mon bébé, ne t'inquiète pas. Je te promets de ne pas te laisser. Tu es encore si petit, ça me rend triste de me dire que je serai moins dispo pour toi. Mais on fera autrement.

Prendre du temps pour le Mari, qui suit tout ça d'un peu loin, qui gère beaucoup de choses de son côté, qui a ses soucis de boulot. Rester attentive, l'écouter parler et vider son sac. Lui poser des questions censées, me reconnecter les neurones. Partager avec lui mes journées, mais faire en sorte que ce soit lui qui parle. Je le sens un peu loin en ce moment, la tête dans ses nuages, l'esprit occupé par 15000 trucs. Le décharger de "l'opérationnel familial", qu'il ait ça de moins à penser. Le Mari, je t'aime, dis moi ce qui te tracasse. Je sais que tu passes par une période difficile au boulot. N'aie crainte, je te soutiens. Je suis là. Parle moi. Arrête mon débit de parole et épanche toi. Encore. Soulage ta tête, fais moi partager tes soucis. On y arrivera, t'inquiète.

Rêver à un we en lover, entre copines, seule. Me dire que ça finira bien par arriver, mais plus tard. Qu'au fond, je n'ai pas envie de ça maintenant. Que je veux juste avoir mes trois enfants et mon Mari à mes côtés, qu'on soit ensemble et qu'on goûte à ces moments si forts en famille. Qu'on découvre la vie à 5, qu'on s'en réjouisse et qu'on s'en amuse.

Alors Numéro 3, sache qu'on t'attend et qu'on a hâte de voir ta trognette. Tu es déjà plus que bienvenu (e).

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Publié dans Dans ma tête

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Michaela 31/05/2012 22:55

HooOOOoOoOOOOo qu'il est beau ce texte, j'ai pris plaisir à le lire. D'une vie qui semble plus que débordée vous en faites une poésie... C'est sûrement l'histoire de beaucoup de maman, pas de moi,
nous n'avons qu'un enfant, c'est un choix pour une vie un peu plus egoïste peut-être mais à lire votre article ça donnerait (presque) envie he he ^^ j'ai adoré le passage où Poupette se demande si
n°3 sera content de sortir et de la connaître, c'est vraiment "kro" mimi comme réaction d'enfant !!! A bientôt et merci pour cette "potion" de vie...

Mam'en Vadrouille 01/06/2012 07:32



Merci Michaela! Chacun fait comme il veut et comme il peut avec ses enfants, je ne trouve pas qu'un soit un choix égoïste . Les réflexions de Poupette en ce moment sont sympa, c'est sûr. A bientôt!